Chemins de Compostelle : Un protocole pour sauver un mythe

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Communiqué de la DRAC Midi-Pyrénées du 9 novembre 2015

Un protocole d’accord pour l’animation et la gestion du bien “Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France” a été signé par Pascal Mailhos, préfet de la région Midi-Pyrénées, coordonnateur du bien “Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France”, avec Marc Carballido, président de l’ACIR Compostelle.

Pourquoi ce protocole ?

Pour sauver l’inscription au Patrimoine mondial des chemins de Compostelle en France obtenue en 1998 annoncée par de nombreuses plaques de marbre sur des monuments français.

Ces plaques trahissent la vérité

Elles annoncent que les chemins ont été inscrits. CE N’EST PAS VRAI. Les chemins ne répondaient pas aux critères de l’UNESCO. Alors, grâce à une circonstance politique favorable, la France a utilisé un subterfuge. Elle a fait inscrire 71 monuments et 7 tronçons du GR 65. Elle a réussi à faire admettre que cet ensemble disparate représentait ” les chemins de Compostelle en France “.

L’UNESCO ne se satisfait plus de ce mensonge

Depuis des années, des fonctionnaires qui ne veulent pas perdre la face, des politiques soucieux de la manne et de la publicité qu’apportent les chemins, les organismes qui ont travaillé à cette inscription se contorsionnent pour sauver cette inscription demandée pour que la France ne soit pas en reste par rapport à l’Espagne.

Un mensonge, comme un train, peut en cacher un autre.

Alors on continue à mentir. Qu’importe que les 71 monuments ne constituent pas un ” bien en série ” au sens de la définition de l’UNESCO. On l’affirme. On le fait affirmer par des autorités pour faire croire que c’est vrai. Elles ne sont pas habituées à la contradiction.

Chemins de Compostelle et Patrimoine mondial

Paru en 2010, cet ouvrage a démonté le mécanisme de l’inscription et montré que les arguments présentés par la France ne reposaient pas sur des bases historiquement confirmées. La majorité des édifices présentés comme représentatifs des chemins de Compostelle n’a rien à voir avec le pèlerinage galicien.

Les responsables du dossier le savent. Ils tardent à l’admettre et préfèrent la fuite en avant camouflée sous le nouveau nom de gouvernance.

Que faire ?

Il faut cesser de chercher à protéger des biens matériels dont la majorité, comme le Mont Saint-Michel ou la cathédrale Saint-André à Bordeaux n’ont pas besoin d’un label ” Compostelle ” pour être appréciés, entretenus, gérés.

Il faut reconnaître qu’effectivement les chemins de Compostelle répondent à un besoin de la société. Il faut admettre qu’ils représentent un bien commun qui à une Valeur Universelle Exceptionnelle - la VUE, si chère aux experts qui se délectent d’acronymes - mais que c’est un BIEN IMMATERIEL. Il faut sortir de cette question par le haut et non en s’enterrant sous un dolmen.

Emblématique : le dolmen de Pech-Laglaire à Gréalou dans le Lot

Comment les experts de l’UNESCO ont-ils pu admettre qu’il était représentatif des chemins de Compostelle ? Sa présence aurait pu jeter le doute mais non. Tout a été accepté. Et aujourd’hui, au lieu de le laisser mourir de sa belle mort de dolmen on l’a restauré d’une façon qui laisse pantois. Le panneau d’information posé récemment au bord du chemin présente cette restauration comme exemplaire

Regardez bien l’image ci-dessous on aperçoit sous le dolmen une petite croix au bord du chemin. Voila ce qui a justifié l’inscription ” au titre des chemins de Compostelle “, avec l’argument suivant : « L’inscription du dolmen se justifie par la présence non loin de là d’une croix de chemin témoignant de la fréquente christianisation des cultes anciens dont le dolmen est un vestige ».

N’est-ce pas se moquer de l’humanité au profit de laquelle est faite l’inscription ?

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